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VISA POUR L’IMAGE : Des élèves de Lurçat rencontrent un photojournaliste politique

Par SYLVAIN VANDENBERGHE, publié le vendredi 14 octobre 2022 10:54 - Mis à jour le vendredi 14 octobre 2022 10:54
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Les classes de 1èreMA (Métiers de l’accueil) et 1ère MCVB (Métiers du commerce et de la vente) ont pu discuter avec le photojournaliste Jean Claude Coutausse, ancien reporter de guerre, présent en 1989 lors de la chute du mur de Berlin ...

VISA POUR L’IMAGE : Des élèves de Lurçat rencontrent un photojournaliste politique

Les classes de 1èreMA (Métiers de l’accueil) et 1ère MCVB (Métiers du commerce et de la vente) ont pu discuter avec le photojournaliste Jean Claude Coutausse, ancien reporter de guerre, présent en 1989 lors de la chute du mur de Berlin, qui consacre aujourd’hui son travail à la politique française.

Cet entretien a été organisé le 12 septembre par le festival Visa pour l’image. En voici quelques extraits :

 

Comment avez-vous choisi de devenir photographe ?

Durant les années 70, j’avais votre âge. C’était la crise pétrolière, les professeurs nous mettaient la pression pour que nous choisissions un métier. J’étais assez bon élève, mes parents me voyaient plutôt préparer un concours pour entrer à la SNCF ou à la Poste. Moi, je voulais avoir un métier où je pourrais voyager, gagner de l’argent, prendre l’avion, rouler en voiture de sport avec des jolies filles.

A cette époque, le métier de reporter-photographe faisait rêver, c’était le métier le plus «sexy» du monde. J’ai choisi ce métier. J’ai appris la photographie dans un établissement professionnel à Orthez.  Ce métier est pour moi une passion. Si je n’étais plus passionné, je l’arrêterais.

Je venais d’un milieu paysan où l’on s’exprimait peu. Avec la photographie, j’ai trouvé un moyen de dire des choses. La photographie permet selon moi de représenter mais surtout d’écrire à l’aide de la lumière : je ne montre pas simplement, je propose mon point de vue, mon regard. J’ai pu m’approcher de nombreux hommes politiques, je les montre tels que je les ai vus. C’est un point de vue de journaliste.  Je suis les hommes politiques sur des évènements mais je cherche surtout à raconter qui sont ces personnes.  

Quel est votre quotidien de photographe aujourd’hui ?

Je couvre des évènements liés aux hommes politiques français, je les accompagne lors de déplacements ou je suis présent lors d’évènements comme les élections.  

Durant une journée chargée, je peux prendre plus de mille photos, le soir je passe en revue toutes les images, il n’en reste alors que soixante, j’en envoie une douzaine au journal « Le monde » pour lequel je travaille, il en parait une ou deux dans l’édition du lendemain et quelques autres sur le site internet.

Je suis payé à la journée, 326 euros, certaines périodes peuvent être chargées, d’autres moins, cela dépend de l’actualité.  Il faut rester présent et disponible pour le jour où les évènements le nécessitent. On attend. 

Je ne retouche pas mes photos, j’ajoute parfois des filtres, je retravaille sans trucage, je ne recadre pas, je n’efface pas, je les améliore visuellement.

Parmi toutes les photographies que vous avez réalisées, quelle est celle que vous préférez ?

C’est comme si vous demandiez à une mère de choisir entre tous ses enfants. Ce sont surtout les photographies qui racontent le plus de choses, celle d’un enfant qui court en Somalie au milieu d’oiseaux, celle d’une fanfare floue attendant le cortège présidentiel de Nicolas Sarkozy qu’on voit au loin...

Certains clichés sont réussis car on oublie ma présence. Alors qu’il était président, François Hollande avait accepté que je puisse prendre des photos dans l’Elysée, ce qui a duré près d’un mois. J’ai pu ainsi montrer le quotidien du palais présidentiel. François Hollande nous laissait libre, personne ne contrôlait nos photographies, durant plusieurs jours, j’étais seul. Cela n’existe pas depuis que le nouveau président est en place.

Il faut surtout assumer ses photographies, toutes celles que j’ai choisies de diffuser, je les assume.

 

Merci aux élèves et à leurs enseignants pour leur implication durant ces visites à Visa pour l’image, en particulier Ikram Khelloul (1MA) et Amine Bouklimat  (1MCVB) qui ont contribué à la transcription de l’entretien qui aurait été impossible sans le matériel sonore de Joel Dieki (1MCVB) 
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